Réunion du 13 décembre

Portrait de cvaufrey

Forums: 

Déposez ici les questions que vous souhaitez poser à Marcel Lebrun, qui interviendra en direct pendant l'ultime réunion en direct du Mooc ITyPA, le jeudi 13 décembre. 


Le thème de la semaine est "Les Moocs, pour la formation tout au long de la vie". Marcel interviendra sur l'articulation entre web 2.0 et dispositifs de formation, sur la manière dont les modalités d'apprentissage rendues possibles et développées grâce au réseau numérique ébranlent et questionnent les dispositifs classiques d'enseignement et de formation. 

Moocs et gratuité

Portrait de Rémi Bachelet

Bon je suis un peu hors sujet, mais voici la première des questions sur "les modalités d'apprentissage rendues possibles et développées grâce au réseau numérique" qui me vient : 


Les Moocs reposent aujourd'hui sur la gratuité (pas à 100%, mais quasiment, Coursera vient par exemple de me signaler par mél qu'ils ont passé le cap des 2 millions d'inscrits, 2.000.000 ! et il me semble que les MOOCs "ouvertement payants" sont ultraminoritaires si ce n'est inexistants). Il y a beaucoup de questions ouvertes sur le modèle économique qui sera mis en place (voir par exemple la page Wikipédia de Coursera), mais du point de vue du sens de cette démarche d'apprentissage et de son modèle économique, ne comporte-t'elle pas quelques chausse-trappes ?

Comme point de départ, la maxime popularisée par Stallman
"If you're not paying for it, you're the product". Bon en dehors du fait que c'est très bizarre d'entendre ca dans la bouche du hérault des licences libres dans leur version ...gratuite et libre d'utilisation commerciale qu'est Richard Stallman, il y a là une bonne question de départ.

“Si vous ne payez pas, c’est que vous n’êtes pas un consommateur, mais un produit à vendre”. D'accord, on sait analyser cela pour Facebook ou Google, mais qu'est-ce que ça veut dire quand on parle des MOOCs et de  la formation tout au long de la vie?

MOOC et bien commun

Salut Rémy,
la question derrière l'affirmation de Stallman est de savoir qui porte le site. Est ce que le porteur est un acteur économique ? Si oui, l'affirmation s'applique certainement.
Si non, pose toi la question de la raison d'être de ce porteur, et là peut être cherche-t-il autre chose que des produits, peut être un partage d'intelligence.

MOOCs et LMS

Portrait de Rémi Bachelet

Deuxième question à Marcel Lebrun et slam dunk, si j'ose dire


Comment des plates-formes LMS comme Moodle, et bien sûr Claroline  1/se positionnent-elles et 2/évoluent-elles par rapport à celles des MOOCs existants Coursera, Udacity, edX ou des MOOCs que pourraient sortir Facebook ou Google ?

  • envie d'ajouter des nouvelles fonctions ? Constatation que les LMS ont "fait leur temps" ? Au contraire volonté de faire évoluer les LMS pour les transformer en plateformes MOOCs ? Ou encore décision de rester sur la "niche" actuelle ?
  • plus d'ouverture vers des services à grande échelle, même commerciaux par exemple un login possible avec facebook/google, l'intégration de vidéos Youtube, de google docs etc.. ?
  • autres ?

Retour sur ma formation en ligne

Portrait de Rémi Bachelet

Troisième question (plus qu'une) sur les modalités d'apprentissage développées grâce au réseau numérique : je suis juste en train de boucler la 8ème session de ma formation en gestion de projet et je m'interroge sur l'objet que j'ai développé : 1/qu'est-ce que c'est ? à quel modèle se rattache t-il ? 2/ Comment peut-il évoluer ?


Pour être bref il s'agit à l'origine de pages web de partage de mes cours, qui ont évolué avec le trafic qu'elles ont suscité, puis avec la vidéo et enfin avec la mise en place d'une certification formelle.

bon voici les éléments sur les deux questions posées 
1/à quel modèle se rattache t-il ?
S'agit t-il d'un MOOC ? 
Massif ? Sur le site et Youtube j'ai un grand nombre de consultations : 14k visiteurs/mois sur le site pour 4 min en moyenne, 30k consultations des vidéos MAIS à l'opposé, quand on regarde la liste des personnes ayant validé la certification, on est sur 300 préparants ... et 40 lauréats par an (nombre et origine géographique listés http://goo.gl/Wgrv7)
Ouvert ? Les cours sont en licence libre (mais NC, donc pas complètement libre), les vidéos pas vraiment, tout est en accès/téléchargement gratuit MAIS je demande une contribution à une ONG à ceux qui veulent la certification

2/ Comment peut-il évoluer ?
Faut-il que je ferme ? Que j'ouvre plus (licence cc-by-SA, donc autoriser l'exploitation commerciale voire les dérivés/remix) ? Que j'aille vers une vraie plateforme MOOC ? Faut-il que je permette plus d'interaction entre les participants (au "risque" qu'ils s'aident à réussir les exercices et l'examen) ?

LMS vs. wiki

Portrait de Rémi Bachelet

dernière question (désolé d'en poser tant ... et celle-ci est provocante  mais je n'arrive pas à la formuler autrement, pardon !)


A Centrale on utilise des LMS (Claroline et Moodle, selon les formations) et aussi Mediawiki.

Chaque fois que je retourne sur le LMS, je suis frappé de sa faiblesse
  • Mediawiki est web 2.0  ouvert : les étudiants contribuent où ils veulent quand ils veulent, on a développé bientôt 3000 pages de contenu et plus de 80.000 contributions, on capitalise d'une année sur l'autre en partageant les meilleurs travaux et en améliorant année après année les pages de votes, de présentation des projets etc..
  • Les LMS sont rigides, fermés, ne capitalisent pas d'une année sur l'autre... largement du web 1.0 avec des morceaux de 2.0 (wiki mais très limité)
bref, je ne connais que très superficiellement Moodle et Claroline, mais je me pose la question est-ce que les LMS ne font finalement pas que calquer un modèle (inscription dans des cours qui ont un début et une fin prédéfinis, devoirs à rendre, paramétrage par défaut uniquement par le prof), avec des maximes comme "tout ce qui n'est pas explicitement autorisé est impossible", "vos possibilités d'action seront limitées à nos fonctions prédéfinies"..

.. un modèle donc, d'organisation et d'apprentissage, pas si constructiviste, mais rigide ? 

(bon je force le trait en plaidant pour ma "chapelle" wikimédienne, Mediawiki c'est pas le paradis non plus hein..)

Réaction aux posts de Rémi

Portrait de bparmentier

Réaction aux posts de Rémi Bachelet et question à Marcel Lebrun :


Pour les LMS comme pour tous les outils, cela dépend de l'usage qui en est fait ou préconisé par l'institution et de la tolérance ou non de l'institution à l'ouverture. Je m'explique :
  • oui, un LMS est en général au moins en partie fermé : liste définies d'inscrits, d'intervenants, organisation de "l'espace" en cours, modules... et cela est UTILE parce qu'une université c'est quand même pas tout à fait une agora, une place publique, parce qu'il faut bien qu'il y ait un certain traçage de l'activité en ligne des étudiants, ne serait-ce que pour justifier auprès des financeurs de la réalité de l'utilisation de l'outil et de la formation qu'ils financent
  • oui, on peut ouvrir un lms sur l'extérieur, beaucoup proposent des plug ins pour cela
  • et dernier point : est-il utile que le LMS propose TOUS les outils dont vont devoir se servir les étudiants, qu'ils soient ouverts ou fermés ? D'ailleurs, quand l'outil n'et pas proposé ou pas satisfaisant sur le LMS, les étudiants ne nous attendent pas pour développer des stratégies alternatives, et pour ma part je trouve cela positif
Ma préconisation (et question à Marcel Lebrun sur son avis) : et si, par analogie au "blended learning" on mettait en place officiellement dans nos formations universitaires et autres une mixité des outils, un peu comme on l'a fait pour le MOOC :
  • un LMS institutionnel permettant une structuration minimale de la formation, un suivi institutionnel, une certification de la partie à distance qui ne sera pas remise en cause par les jurys validant les diplômes (pas encore tous au fait des possibilités numériques du web 2.0 pour apprendre)
  • l'encouragement des étudiants à travailler et collaborer en mettant en place pour eux et pour leur groupe de travail / de projet leur propre Environnement d'Apprentissage (et dans l'idéal un module de formation ou au moins une aide pour cette mise en place)
  • et si on leur demande en plus de tenir un portfolio de compétences pour leur formation, on peut très bien  valoriser cet EAP et le travail en communauté apprenante, y compris dans la certification... et la capitalisation d'une année sur l'autre se fera par le portfolio des étudiants, ce qui soulagera la gestion du LMS...

Moocs, LMS, Wikis... suite aux messages précédents

Portrait de lepagegilles

Bonjour,

C'est plus une réaction (positive) qu'une question.
Contexte : 
  • Je suis très intéressé par les posts précédents.
  • je participe pour la première fois un MOOC (ITyPA)
  • J'ai beaucoup utilisé Moodle pour former des adultes (des groupes de 15 à 30 personnes seulement, sur des formations d'un an)
  • J'ai pas mal utilisé les wikis dans ces formations

Je ne sais pas ce qu'en penseront les intervenants, mais il me semble que ce qui compte le plus, c'est la façon dont l'institution (ou le formateur/enseignant) détermine sa stratégie pédagogique : si c'est l'apprenant qui est l'acteur central de SA formation en fonction de SON projet, si ce sont les apprenants qui produisent en collaboratif une bonne partie de supports de leur formation, alors un outil "fermé" sera contourné ou détourné.


Il me semble Moodle aide à travailler en collaboratif (approche socio-constructiviste) mieux que les autres plateformes que j'ai pu voir, mais je connais aussi des formateurs qui l'utilisent de façon fermée, rétrograde.
Les wikis sont un vrai outil de co-construction du savoir, mais rien n'empêche, comme le dit Bruno, de  travailler sur des wikis à côté d'une plateforme, Moodle ou autre. 
Ce qui milite en faveur des plateformes, c'est souvent la gestion/administration des formations et des évaluations/validations. Une plateforme est un outil de gestion, un outil de convergence, pas un carcan si on refuse de s'y enfermer.
Pour résumer :  si on se s'appuie délibérément sur l'intelligence des apprenants, leur créativité et leur capacité à co-construire, si on s'appuie en parallèle sur le web2.0 pour animer des formations, peu importe l'outil officiel. 

Ceci étant, si on me laissait le choix de la plateforme, je pense que je choisirais Moodle... en attendant mieux (le web s'invente tous les jours).

réponse à la formation en ligne

Portrait de sarahllys

Bonjour,

Je connais des gens qui ont suivi des cours en ligne et ont obtenu des crédits sans avoir fait un seul travail du cours.
Au moins quand on fait un examen présentiel une pièce d´identité est nécessaire...comment faire avec ça en ligne? 
On parle ici de

 un suivi institutionnel, une certification de la partie à distance qui ne sera pas remise en cause par les jurys validant les diplômes
mais la tricherie va difficulter un peu tout ça.

réponse sur la crédibilité des formations diplômantes en ligne

Portrait de Rémi Bachelet

@sarahllys


Il y a plein de questions derrière cette idée de décerner de "vrai diplômes" 100% en ligne.. et plein de littérature.

Je ne vais pas tenter de revenir dessus, d'autres peuvent le faire mieux que moi, mais voici une découverte sur le sujet : 
  • ce WE j'ai pris du temps pour revenir (un peu tard pour espérer le valider d'ailleurs sur le MOOC de coursera Organizational Analysis de Standford.
    • je l'ai fait car j'ai cette année encouragé mes étudiants de sociologie des organisations à suivre 2 MOOCs, librement mais en promettant un bonus à ceux qui obtiendraient le certificat
  • je l'ai fait aussi car mardi, il faut que je regroupe mes idées sur les MOOCs : je dois présenter une communication (après celle de Morgan Magnin et Jean-Marie Gilliot). Elle est intitulée : Testing out Massive Open Online Courses (MOOC) at Centrale Lille : feedback and issues for the future :))
bref j'ai passé pas mal de temps ce WE à rattraper mon retard sur les 10 semaines de cours. Dans les différents sujets traités, il y a un side chat (=un commentaire en vidéo par le prof sur les questions de la semaine) où justement McFarland parle des MOOC et de leur avenir en utilisant la théorie néoinstitutionnelle... 

Là ou ça devient intéressant, c'est qu'il évoque (ou qu'il laisse échapper) des infos sur la manière dont ça se déroule et sur leurs projets... et notamment, ta question sur la tricherie est évoquée (vers 12"). Là dessus il dit

Another reason that people feel like it won't ever challenge is because it won't necessarily be credential, that cheating will always be a, a problem and so-on, I don't think that is true actually. I think quite soon and already they're being credentialed and we're finding ways to address cheating, much like we can in face to face. 

bref la réponse est qu'il parait sûr de lui et pense qu'ils auront bientôt des moyens de réduire la triche. J'imagine par exemple l'utilisation d'une webcam + de la reconnaissance faciale ou d'autres trucs technologiques. Ils ont de l'argent et un environnement technologique favorable, donc je pense qu'on va voir de grosses avancées là-dessus.

NB la vidéo est décousue, mais passionnante, car elle fait le tour de pas mal de questions sur les xMOOCs -- je l'ai téléchargée ainsi que sa transcription, si ca vous intéresse...


réponse à la crédibilité des cours en ligne

Portrait de sarahllys

Bonjour!

Ils ont de l´argent, sans doute, mais moi et l´administration absolument pas! Voilà le problème, chaque fois que j´essaie la dite conférence avec mes élèves, quelque chose ne va pas, car pour son complet fonctionnement on me deamnde du fric  à un moment donné, et je dois avorter la situation et essayer encore de trouver quelque chose de plus bon marché. En plus la vidéo conférence 
n´est pas la solution car on n´a pas le temps de tout vérifier en ligne si on ne veut pas rendre éternel le cours.
J´espère moi aussi que le temps pourra nous aider à trouver une solution...mais le temps fera aussi agrandir les tricheries...qui vivra verra!. Pour l´instant j´ai trouvé une solution au problème: mes élèves peuvent faire leurs travaux en ligne, si la réponse est automatique , le logiciel leur donnera la solution et elle leur servira pour préparer le présentiel. Si la réponse est créative exige mon intervention et je n´ai pas encore trouvé  trois exercices différents dans une classe de trente élèves. Je les remercie, donc et je les encourage à continuer sans tricherie s´ils veulent être qualifiés comme ça. Ils ne reçoivent qu´un remerciement pour leur collaboration en ligne et s´ils disent que leurs travaux sont de création propre je leur répond que je ne crois pas à la téléphatie. Malgré tout la prochaine fois on aura encore des tricheries à corriger, et rien que la foi pour un monde meilleur et le progrès
 m´empêche de laisser tomber. Ça prend un temps fou, lire leurs tricheries...je touve tout ça assez sérieux et grave. Pas tout le monde est d´accord avec ça au Lycée et  on abandonne le numérique.
 J´essaie encore...

Question d'expertise

Portrait de fsarto

D'abord, je dois dire que je suis agréablement surprise que ce soit Marcel Lebrun qui clôture ce cours : il m'aura - ou du moins ses propos m'auront - accompagnée tout au long de ce MOOC, témoins mes billets de blog.
Ma question : si dans un enseignement classique, le rôle de chacun est identifié - l'enseignant est l'expert ou le vecteur de l'expertise et le "facilitateur" de l'apprentissage - qu'en est-il dans le MOOC, où chaque apprenant peut devenir le formateur d'un autre ? N'existe-t-il pas un risque de se fourvoyer sur des chemins non valides ? Dans ITyPA, les experts nous ont été présentés lors de la réunion hebdomadaire avec des pistes de ressources. Mais quid de la validation des productions des apprenants (pas toujours faciles à repérer, parfois loin du sujet consensuel) ? Comment peut-on construire sa propre grille d'évaluation, autrement qu'avec des critères quantitatifs ?
Bon j'aurais du dire mes questions ...
Merci !
Françoise Sarto

Evaluer les acquis partout

Portrait de tiossane

Dans l'article de thot: " L'examen académique, qui sanctionne bien plus la connaissance de
l'existant que la capacité de l'apprenant à créer lui-même de nouveaux
objets de savoirs et à les diffuser, traîne la triche derrière lui comme
une mauvaise odeur."

Même sans parler de la tricherie, ne faudrait-t-il pas aussi changer les modes d'évaluation académiques pour commencer?

réponse à évaluation des acquis

Portrait de sarahllys

Bonjour!

Question intéressante, mais on a toujours le problème de la pénurie  en ce qui concerne 
 l ´equipement  des collèges et des lycées, l´encombrement des élèves dans une même classe,le besoin
 d´expliquer le programme que la plupart du temps n´a rien à voir avec les possibilités qu´offre le TBI,
 l´empressement pour les qualifier à un moment donné ponctuel,  où ils ont encore de très faibles connaissances de tout pour être évalués: de faibles connaissance en matière digitale, des lacunes en langue maternelle et des lacunes dans la matière à enseigner...Plutôt que tout changer, il faudrait commencer pour améliorer
 l´équipement des lycées et améliorer le travail des profs en les écoutant de plus près au lieu d´innover à partir d´une  idée absurde, burocratique  ou utopique qui n´a rien à voir avec la réalité, mais qui est peut-être rentable politiquement.

MOOC forme nouvelle ordre/désordre dans les apprentissages

Portrait de Jean Vanderspelden
Question pour Marcel 

Bonjour,


Les MOOC, et en particulier ITyPA, ne sont-ils pas une illustration, parmi d'autres, des futurs dispositifs de formation où les parcours, de plus en plus individuels, alterneront de l'ordre et du désordre (apparents) dans les apprentissages et les activités au profit des apprenants, avec la nécessité d'imaginer, d'organiser et d'assurer des postures d'aide et d'accompagnement du coté des formateurs ?

Merci - Jean

MOOC forme nouvelle ordre/désordre dans les apprentissages

Portrait de Jean Vanderspelden
Question pour Marcel 

Bonjour,


Les MOOC, et en particulier ITyPA, ne sont-ils pas une illustration, parmi d'autres, des futurs dispositifs de formation où les parcours, de plus en plus individuels, alterneront de l'ordre et du désordre (apparents) dans les apprentissages et les activités au profit des apprenants, avec la nécessité d'imaginer, d'organiser et d'assurer des postures d'aide et d'accompagnement du coté des formateurs ?

Merci - Jean

Oui Christine, Marcel va très certainement répondre "oui",

Portrait de Jean Vanderspelden

Oui Christine, Marcel va très certainement répondre "oui", dans la mesure il s'agit de l'une des ces hypothèses pour mettre en place des dispositifs facilitants. 


Alors ok pour la la question "qu'est-ce qui pourrait empêcher ou, au contraire, favoriser ce type de dispositif de s'étendre ?" avec, peut être, comme réponse, le degré de liberté de l'apprenant dans son dispositif et/ou la nature des accompagnements. 

Je profite de ce message pour vous, au sens collectif, remercier de cette initiative autour du 1er MOOC francophone.

Jean

La formation tout au long de la vie, qu'est-ce ?

Mon questionnement démarre avec l'expression "formation tout au long de la vie". J'ai personnellement poursuivi des formations tout au long de ma vie professionnelle à distance, avant, avec  ou sans Internet. Au final ça ne m'a pas servi directement en termes de reconnaissance d'acquisition de connaissances ou de compétences, puisque cela aurait supposé que cette formation rentre en phase avec l'engagement professionnel. La force ou la nouveauté avec le Mooc, ou les dispositifs du même ordre, est qu'il part d'une démarche individuelle hors d'un contexte établi d'objectif d'apprentissage institutionnalisé.
Ce qu'amène la participation au Mooc, c'est l'enrichissement par la nouvelle mise en commun et en réseau de réflexions ou de savoirs. Je ne le perçois pas du point de vue de la démarche individuelle.
Ma question serait : est-ce que se former au-delà de la période scolaire traditionnelle, ce n'est pas confronter ses savoirs ou ses réflexions pour enrichir la construction de la connaissance ?

Des réponses aux questions de B. Devauchelle pour le 13/12

Portrait de lepagegilles

Nous travaillons à plusieurs avec des "Googledoc hebdo", depuis le début du MOOC.

Ci dessous, les réponses de 3 d'entre nous aux questions de B. Devauchelle pour le 13/12

1- Pour ce qui est des pratiques individuelles

S'engager dans le Mooc est un choix aux motivations personnelles diverses. Certains d'entre vous y ont consacré beaucoup de temps et ont beaucoup produit, d'autres se sont mis un peu en retrait, d'autres encore ont abandonné ou se sont éloignés :

Pouvez vous décrire les étapes personnelles par lesquelles vous êtes passés et indiquer ce qui a favorisé/défavorisé vos apprentissages et ce qui vous a permis de vous diriger (sur un plan individuel) dans ce cheminement ?

Gilles :

  1. au début, implication frénétique

  2. ensuite des voyages m’ont empêché de tenir le rythme

  3. je raccroche en semaine 9 et 10, mais c’est moins facile de se ré-intégrer aux travaux collaboratifs

Pascal :

J’ai laissé partir quand j’ai dû m’absenter, pour raison prof., vers la session 8. Si près de la fin j’ai pensé que ça ne valait plus la peine de raccrocher, d’autant que entre temps d’autres initiatives étaient nées auxquelles je n’avais pas participé. A quoi bon alors?

C’est d’ailleurs la question que je me pose : celle du centre de gravité, là où tout (enfin dans la mesure de ce qu’on peut savoir) se passe et se fait. Il manque une gestion, une coordination des initiatives telles qu’elles pourraient permettre à d’aucuns de suivre voire de raccrocher.

2- Pour ce qui est du collectif

L'un des piliers des Mooc, c'est l'existence de communautés de participants qui ont la possibilité de se structurer comme leurs membres le souhaitent au cours du temps, en suivant de plus ou moins près le rythme proposé par les animateurs (les thèmes hebdomadaires, les réunions en direct du jeudi soir...).  Cependant, la construction du collectif apprenant ainsi que son efficacité restent des questions vives du développement des nouvelles formes d'apprentissage :

Comment avez vous pris part au collectif, quels usages en avez vous fait, quels instruments, stratégie, activités, avez vous mis en place et quels bénéfices en avez vous tiré ?

Gilles :

  • J’ai participé à des Googledocs hebdomadaires d’un groupe de 7 à 8 personnes, qui s’est ensuite réduit à 4 participants

  • J’ai collaboré à un Framapad sur le vocabulaire (mots barbares) et à des Framapad de réflexion sur certaines semaines (merci à Deborah !)

  • J’ai participé à quelques hangouts pour échanger sur les questions de certaines semaines

  • je participe au test d’une communauté Google+ pour continuer à échanger après le MOOC entre participants au MOOC

Pascal :

Je suis parti sur un pad puis l’ai abandonné quand j’ai vu l’intérêt des cartes mentales. Je ne suis pas parvenu à me fixer sur une version plutôt qu’une autre et nous sommes, avec Gilles, passé sur un Google docs, un chaque semaine. J’ai ensuite voulu tenter les hangouts, plus par amusement qu’autre chose, mais comme un ‘after’ dont le thème n’était pas véritablement fixé. Je termine avec la modération d’une communauté sur Google+, histoire là encore de tester cette application. Honnêtement, je m’en rends compte maintenant, j’ai plus papillonner que vraiment capitaliser.

3- Pour ce qui est du contenu

Si un Mooc est un dispositif complexe d'apprentissage, il reste avant tout, comme tous les autres dispositifs ayant le même objectif, un moyen pour chaque participant de construire ses connaissances. D'un coté il y a l'intention de ceux qui proposent le thème du cours et celle de ceux qui s'y inscrivent, mais surtout d'un autre coté il y a ce qui s'est réellement passé, les acquisitions des participants :

Pouvez vous nommer les connaissances et les compétences essentielles que vous avez acquises au cours de ce Mooc ? Vous tenterez de séparer ce qui concerne les apprentissages sur le fond (Internet pour apprendre) de ceux sur la forme (les compétences des acteurs du Mooc).

Gilles : désolé, mais je ne pige pas bien la question en ce qui concerne la distinction entre fond et forme

J’ai appris

  • à utiliser des outils comme Framapad, MindMeister, GoogleReader, Annotary, et d’autres encore...

  • à travailler en groupe très large, je ne connaissais que des groupes restreints (30 personnes)

  • j’ai acquis du vocabulaire pédago du web2.0 : EPA, etc.

  • j’ai appris par la pratique ce qu’est un MOOC

  • j’ai identifié une méthode de travail des animateurs du MOOC (je ne la maîtruise pas, mais j’ai “pigé des trucs”

  • j’ai élargi fortement mon réseau de relations et d’experts sur le thème de la pédagogie et du web2.0

Pascal :

Apparemment la question pose un problème à pas mal ^_^. Je l’ai comprise ainsi : le fond est ce qui est à notre disposition (Internet, puisque tout y est pour apprendre), la forme autrement dit la façon sont les outils ainsi que la méthodologie adoptée. La méthodologie, honnêtement c’est ce qui pêche le plus, les outils on arrive toujours à s’en débrouiller, la conduite à suivre pour rassembler, pour animer une communauté autour d’un projet, etc. je l’ai entrevue à certains moments mais je n’ai pas l’impression que je pourrais coucher sur le papier, là, la démarche certaine d’une animation de communauté, les ingrédients nécessaire à son bon déroulement. Les outils oui, mais ce ne sont pas le four, les ustensiles divers qui font le bon cuisinier.

Laurence :

Appris : outils, groupes, théories... mais large empreinte KM : chemin construit en faisant.

Donc... continuer à tester la recette de cuisine ? Changer d’ingrédients ?  Préparer un autre plat ? Un menu entier ? Pas d’idées là pour écrire autre chose que cela...

Vu l’heure me reste des travaux non virtuels à réaliser...demain, debout 5h ! See you à l’heure de la conf, j’espère !

Merci pour tout déjà et tout ce qui continuera ;-)

Mes questions à Marcel Lebrun

Portrait de benoitos

Mes questions à Marcel Lebrun portent
sur la conception d’un dispositif qui articule ouverture, web 2.0 et formation
conventionnelle, avec les contraintes du cadre de la formation professionnelle
continue.

Comme Rémi, Bruno et Gilles, en haut de page, je me
pose la question de la place du LMS dans un dispositif de formation à distance
que je cherche à ouvrir.

 Le « modèle » auquel j’en
suis arrivé après quelques années, pour mes formations à la Com’ écrite et à la prise en mains des TIC part de
3 outils :

1 : pour les publications
des apprenants, réalisé avec spip : les contenus créés par les
apprenants font partie des objectifs de formation. Cela peut être un journal,
un dépliant 3 volets, un diaporama, un blog, un article… C’est ici : http://www.journalatelier.fr/-L-Atelier-experimental-.html

 Il y a toujours  une finalité de conception, voire de
publication dans mes interventions qui conjuguent besoin de formation et besoin
de communication. Parfois c’est une publication interne, surtout dans les
formations en intra, selon la « commande ».

 

2 : pour le travail
collaboratif, la mutualisation, le suivi et l’évaluation
j’utilise Moodle,
c’est là : http://www.journalatelier.net/

 et enfin

 3 : des ressources et
activités ouvertes,
dans un blog réalisé sous WordPress, qui propose des
modalités de participation plus simples que sur un LMS. C’est la partie en
construction dans laquelle j’intégrerai des ressources sous forme de vidéos,
diapos et d’articles du blog, (elles sont actuellement sous des formats divers)
et des activités pour le moment sous forme de questionnaires Google
intégrés. Ces activités et ressources peuvent être utilisées en complément ou
en remplacement du présentiel. Et c’est ici : http://journalatelier.com/

 

J’aurais aimé avoir l’avis de
Marcel sur la place du  LMS
institutionnel
qui me semble dans cette configuration permettre « une
structuration minimale de la formation », comme le dit plus haut Bruno et
sur le degré d’ouverture qu’apportent publications, ressources et
activités
. Cette articulation me semble pouvoir répondre à la fois aux
contraintes du système de formation initiale et professionnelle et aux
intentions d’ouverture des acteurs.